Yves Saint Laurent: les timides sont grands!

Yves Saint Laurent (2)

Je ne comprenais pas cet engouement pour la vie d’Yves Saint Laurent. Deux adaptations de la vie du couturier se succèdent de quelques mois, la première de Jalil Lespert était d’une justesse saisissante, je n’attends qu’une comparaison avec celle de Bertrand Bonello qui sortira en octobre 2014. Et puis j’ai compris, la vie d’Yves Saint Laurent est captivante, la vie d’un timide, la décadence d’un artiste rongé par sa passion et par son art. La vie de l’homme ne fait qu’une avec la vie de l’artiste. J’ai été fasciné par la mise en scène de ce personnage longiligne qui apprend à se libérer des jougs de sa timidité et de son enfance passée à Alger dans une famille bourgeoise. Le film commence sur un plan d’Yves assis à son bureau face à la fenêtre de sa chambre à Alger. On ne voit que son dos avant d’apercevoir un crayon et sa main dessinant, dessinant et dessinant toujours… Jusqu’à sa mort. Le film se clôt sur ce même dos, sûrement affecté par l’âge. Il dessine toujours bien qu’il sait à peine marcher, il a retrouvé le calme du Nord de l’Afrique au Maroc, il a quitté le faste et les excès parisiens qui marquèrent sa vie.
J’ai l’impression que l’artiste est toujours, quelque soit le siècle, ce poète maudit que décrivait Baudelaire. Yves est un jeune bourgeois précieux à la douce voix que lui prête le fameux Pierre Niney. Il ne boit pas, il ne fume pas, il est toujours très élégant et poli. Mais le succès de sa maison de couture et ses découvertes de la “vraie vie” va transformer l’homme et ses créations.
Yves Saint Laurent, né d’un procès à la maison Dior, ne décollera qu’avec sa collection provocatrice. La femme Yves Saint Laurent est née avec Betty Catroux, une femme sombre, masculine, vêtue d’un costume, une femme provocante mais élégante. A la même époque, alors qu’Yves dérive dans la drogue, l’alcool, l’infidélité, la jeune Loulou de la Falaise vient en aide à la maison de couture et donne une nouvelle dimension à la marque: une allure bohémienne, foulards, bijoux par milliers et matières nobles. Le défilé présenté à la fin du film m’a fait pétiller les yeux.
Mais si j’ai découvert un homme (Yves), si j’ai découvert une muse (Loulou), j’ai aussi compris deux choses: Yves n’était que l’artiste, certes un grand artiste mais Yves Saint Laurent cache un homme exceptionnel, fou d’amour: Pierre Bergé. Et les timides sont grands.

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